En 2014, Office a remporté le concours pour le siège de la RTS, la Radio Télévision suisse francophone, à la limite entre la plaine rase de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et le domaine de l’Université de Lausanne (UNIL). Ce bâtiment à la fois léger et imposant fait office de bastion pour la chaîne publique.
Une société peut-elle exister sans inaugurer de temps à autre un nouveau grand bâtiment public ? La question peut sembler conservatrice. Les nouvelles constructions sont suspectes : elles requièrent de l’énergie, des matériaux et de la main-d’œuvre. Il est temps d’instaurer un moratoire mondial, comme le soutient Charlotte Malterre-Barthes depuis plusieurs années. Dans son essai de 2025 intitulé Smaller Architecture, l’architecte américain Michael Meredith avance également d’autres raisons de se méfier de la bigness. C’est aussi une question de capitaux et de gestion, dissimulés derrière une « clarté schématique et une objectivité mathématique ». Selon Michael Meredith, les architectes doivent se concentrer sur les projets à petite échelle. Comme souvent avec les théories architecturales, il s’agit de raisonnements qui présentent des faits accomplis comme des choix. Le problème de fond est que les pouvoirs publics n’investissent plus dans l’architecture. Conséquence : les architectes en sont réduits à rafistoler des maisons ou des immeubles de bureaux.