L’extension de l’école secondaire de Durlet par Agwa se détache d’un ensemble scolaire de style néo-renaissance flamande tel un monolithe flottant. Ce volume quadrangulaire en porte-à-faux rompt avec la composition institutionnelle en ailes, se saisit de l’espace ouvert sans qualités de la cour de récréation et renverse le centre de gravité de l’école. Comprenant dix nouvelles salles de classe et un « paysage d’apprentissage », ce nouveau volume forme à ce point l’identité de l’école que le secrétariat et la direction ont abandonné leurs anciens bureaux pour s’établir sur le plateau suspendu du premier étage.

La singularité de cette extension est sans conteste la désarticulation du volume à plan carré de trois niveaux selon un angle de 53° par rapport à un soubassement qui, lui, longe le mitoyen en miroir de l’aile traditionnelle de cour d’école. Une nouvelle façade se tourne ainsi vers la grille d’accès, dans le coin de la cour. Le volume suspendu offre un préau couvert intimisé par le noyau d’ascenseur, détaché du volume, qui semble soutenir la façade et agence des espaces de jeux différenciés. La recomposition du parcours se poursuit dans le bâtiment, puisqu’un premier escalier se tend en direction de la cour. C’est lui qui accompagne l’articulation entre les deux géométries. Faisant référence aux écoles en plein air néerlandaises des années 1920, les salles de classe jouissent de larges vues sur les façades et toitures des ensembles avoisinants. L’angle d’implantation rend ces points de vue latéraux dynamiques, composant avec poésie de cette proximité. Le paysage ainsi recomposé atteste que, derrière la volonté d’Agwa de perturber l’ordre tranquille de cette école sans qualités particulières, il y a surtout l’ambition d’un désordre générateur, généreux.