Que ce soit dans le cadre de l’habitat, du travail, du jeu ou de l’apprentissage, on est systématiquement en contact avec des espaces construits. L’architecture concerne tout le monde. Le grand public, de plus en plus souvent impliqué dans les débats sur la qualité de cette architecture, ne dispose souvent pas des mots justes pour formuler efficacement son point de vue. L’architecture est une forme d’expression de la culture, et y réfléchir ou en parler prend du temps. Pour l’Institut culturel d’architecture Wallonie-Bruxelles (ICA-WB), on ne s’y met jamais trop tôt. Dans le cadre d’un vaste projet pédagogique, l’Institut a développé des ateliers et concocté une publication destinée aux enseignants de maternelle, de primaire et de secondaire. « Nous voulons donner aux enfants et aux jeunes des instruments leur permettant de parler d’architecture, au-delà du débat purement esthétique sur ce qu’on trouve “beau” ou “laid” », explique Audrey Contesse, directrice de l’ICA-WB. À partir de six exercices concrets, l’Institut embarque les enfants et les jeunes dans une analyse et un débat sur l’architecture. À l’aide de formes géométriques, les plus petits créent une nouvelle façade pour leur propre école. En primaire, les enfants sont invités à s’interroger sur le sens de l’habitat et à concevoir leur propre maison (de rêve). Lors d’une promenade analytique dans le quartier, ils font une première approche de l’urbanisme et des différentes typologies (d’habitat).

Quant aux ateliers et débats organisés dans le secondaire, ils font le lien entre l’architecture, son histoire et la société. Un premier module s’intéresse à toute l’histoire de l’architecture, de la préhistoire à nos jours, en passant en revue les différents styles et courants. Un second module aborde l’évolution de la ville au cours des siècles et la manière dont elle a de tout temps été influencée par le contexte géographique, économique, politique et social. « Outre cette brochure générale, nous élaborons également un syllabus destiné aux enseignants afin qu’ils disposent de toutes les informations de fond nécessaires pour pouvoir mener les discussions à un niveau élevé », précise Aurélien Jacob, responsable du volet pédagogique de l’ICA-WB.