Et il y eut le nouveau MUHKA. Ou presque. La procédure d’Open Oproep pour la construction d’un nouveau musée d’art contemporain à Anvers fut subitement suspendue par le ministre compétent. Pourquoi ? Parce qu’en dépit de plusieurs années d’études préparatoires et de quatre projets remis par des équipes d’architectes expérimentés et aguerris, la commission d’adjudication ne parvenait pas à se mettre d’accord. Les réactions dans les médias furent nombreuses et dévastatrices. À juste titre. On a parlé d’agendas cachés tant au niveau de la politique flamande que de l’économie locale. En tirant les ficelles de manière opportuniste en coulisses, le travail de plusieurs années et de dizaines de personnes – y compris des équipes d’architectes – fut balayé d’un revers de la main. Le secret qui pèse sur ce concours – les projets ne peuvent en effet pas être publiés ! – va à l’encontre de tout ce qui fait l’essence même d’une procédure d’Open Oproep et rend impossible l’indispensable débat social et architectural.

Si le MUHKA avait été un projet d’habitat, un complexe de bureaux, voire une école plutôt qu’un musée, personne n’en aurait fait grand cas. Tant la procédure que la réaction dont elle fut la cible se seraient déroulées différemment. En raison du prestige qui l’entoure, un musée est toujours un programme où l’ownership joue un grand rôle. Chacun veut s’approprier le projet: l’architecte, le directeur du musée, la ville et les autorités subsidiantes.