C’est suffisamment rare pour être mentionné : le « musée de Folklore, Vie frontalière », une réalisation de V+ & Projectiles à Mouscron, était déjà sous les projecteurs avant même d’ouvrir. Du concours – décortiqué par A+ –, en passant par le chantier – dévoilé par une exposition et deux livres –, jusqu’à l’inauguration – consacrée par les critiques : « l’avant » et le « pendant » ont été largement couverts. Alors, que retenir de « l’après » ?

Une chaise trois rossignols deux paires de sabots… Vous connaissez cet inventaire de Prévert ? C’est une liste poétique de choses ordinaires et dépareillées, évoquant les souvenirs. La collection de plus de 18 000 objets du musée de Folklore y ressemble furieusement. Au départ, la commande paraît ingrate : un musée pour exposer le quotidien, voilà qui est moins glamour qu’un écrin pour le grand art. Vous vous souvenez sans doute de l’une ou l’autre visite scolaire, avec reconstitutions et mannequins kitsch ? Cette image est la première chose à déconstruire lorsqu’il faut penser un musée de ce type aujourd’hui. V+ a relevé le défi, en collaboration avec Véronique Van de Voorde, une directrice très engagée. L’inauguration ne signifie pas pour autant la fin de leur aventure : le nouveau musée représente un tournant dans leurs pratiques respectives.