Awans et son éclectisme si contemporain, que partagent nombre de communes périurbaines. Entre restes de campagne, villas autarciques et centre-ville évidé par les zonings, l’identité du village est devenue incertaine. Le projet de rassembler les services communaux et le CPAS apparaît donc comme l’occasion de recréer une centralité forte. Que garder, que supprimer au départ de l’ancienne maison communale ? Karbon’ / V+ / Menzel, le lauréat, avance une proposition mesurée, qui assume l’ADN de cadavre exquis du village et trouve un équilibre entre évolution et conservation du passé.
Colin Rowe1 et Renaat Braem2 auraient bien aimé Awans, un Frankenstein rurbain typiquement belge ! Bourg-dortoir assoupi situé à un jet de pierre de Liège, il est constitué d’une constellation de cinq villages éparpillés entre l’aéroport de Bierset, le Ikea de Hognoul et deux autoroutes. Awans est vraiment caractérisé par ce mélange impur de composants : quelques belles grandes fermes, des maisons mitoyennes des années 1950 aux façades de briques discrètement ornementées, des lambeaux de vergers, des prairies et puis, surtout, des villas sans qualité, cosmocentriques et kitées en mode « SUV-thuyas-trampoline-Netflix ». Enfin, comme beaucoup de ses congénères périurbains, Awans, depuis l’assassinat de ses commerces locaux par les grandes zones commerciales, se cherche une véritable centralité vibrante. 1 Rowe, Colin et Koetter, Fred, Collage City, The MIT Press, 1978. 2 Braem Renaat, Het lelijkste land ter wereld, Davidsfonds, 1968 (rééd.VAI, 2018).