Petit à petit, les habitants de Louvain eux-mêmes ont du mal à se souvenir de ce qu’était jusqu’à récemment la Martelarenlaan à Kessel-Lo. Après la Seconde Guerre mondiale, cette liaison longeant les voies de chemin de fer entre les chaussées de Diest et Tirlemont a dégénéré en une autoroute urbaine, malgré la forte densité d’habitat. De l’autre côté de ce « fleuve de fer », il ne subsistait de la « belle vue » sur Louvain qu’un parking pas très ordonné. L’avenue marqua ainsi la rupture entre la ville et sa périphérie immédiate. Le nouveau parc Belle-Vue, d’après un projet de H+N+S, Artgineering et ARA, avec son imposante vue sur le chemin de fer et la ville, a apporté un changement radical. L’endroit est immédiatement devenu un point de rencontre pour le quartier et un carrefour dans un réseau de randonnées cyclables et pédestres. 

Le parc est la clé de voûte du redéveloppement du quartier de la gare à Louvain, entamé à la fin des années 1990 avec un projet urbain de l’équipe constituée autour de Marcel Smets. Côté Louvain, entre la gare et la Provinciehuis, une esplanade flanquée de bureaux a été aménagée. Au-delà de la nouvelle couverture des quais, un nouveau passage souterrain et une passerelle piétonnière permettent désormais de franchir les voies. Du côté de Kessel-Lo, leur ancienne version aboutissait sur une place haute et une place basse au niveau d’un complexe de bâtiments qui donnait un « visage » à Kessel-Lo. La barrière jadis formée par le faisceau de rails s’est aujourd’hui transformée en trait d’union entre la ville et sa périphérie.