À Ixelles, tout près de l’ULB dans le quartier Solbosch, une dent creuse étonne et devient le point de départ du projet de MDW. Cette faille entre deux pignons ne mène sur presque rien excepté quelques places de stationnement. Pourtant, la parcelle se situe le long d’une avenue fréquentée et à l’intervalle entre deux bâtiments remarquables : un centre médical à la façade néogothique d’un côté et la résidence moderniste Solbosch de l’autre. Le projet à rue cherche à se nourrir des deux entités qui le jouxtent et devient alors un objet d’articulation, traducteur du contexte, sans pour autant y délaisser sa propre identité.

Par trois interventions majeures, – le bâtiment à rue, la surélévation et le pavillon -, le projet clarifie le site. Un bâtiment élancé comble le trou béant et redonne une cohésion à la composition de l’angle, au croisement des avenues Brillat-Savarin et Adolphe Buyl. Côté rue, chacun des logements se prolonge par une terrasse aux angles arrondis qui devient la façade. Tel un jeu de symétrie, les bandeaux en béton sont une réponse à la composition horizontale de la façade de la résidence Solbosch voisine et sont à l’image des bandes en pierre bleu du centre médical. Lorsque le bâtiment prend de la hauteur, une troisième façade émerge et se dévoile à la ville. Les nuances de couleurs de la brique du centre médical sont reprises à travers le béton teinté en façade. Le projet assure ainsi une continuité à la fois chromatique et structurelle de la composition de la rue, tout en assumant la contemporanéité de son intervention.
La surélévation du volume en intérieur d’ilot accueille des logements étudiants du campus Solbosch à proximité. Composée d’une structure légère en bois, l’intervention prend appui sur la structure du bâtiment existant. La circulation, dessinée au centre du plan, libère le pourtour et permet d’offrir des typologies de logements avec une part d’ouverture maximale aux étudiants. Ainsi, les appartements aux surfaces compactes sont dotés de vues dégagées sur la ville. Le pavillon quant à lui, propose une architecture davantage adaptée aux activités du centre médical. Sa structure métallique ponctuelle permet une flexibilité d’usage, tandis que son implantation favorise sa relation avec le parc en intérieur d’ilot.
Ces interventions démontrent une architecture à l’écoute du déjà-là qui contribue à mettre en valeur les qualités préexistantes du site. Soucieux du patrimoine architectural en présence, le projet se nourrit du contexte autant qu’il lui apporte. Le bâtiment à rue devient un élément de raccord entre deux échelles et deux styles d’architecture. Ce geste modeste d’un bâtiment qui fait transition et complète la composition de la rue ne se fait pas aux dépens des espaces de vie lumineux et doté d’espaces extérieurs généreux.

