Les bâtiments et les espaces publics doivent être conçus en fonction des personnes qui y vivent. C’est dans cette optique que se tiendra la troisième édition du festival New European Bauhaus, du 9 au 13 juin au Parc du Cinquantenaire à Bruxelles. À travers plus de 150 ateliers, débats et expositions, le festival explorera les thèmes principaux de l’engagement démocratique et du logement abordable.

En 2020, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé le lancement du New European Bauhaus (NEB). Ce nom fait référence à l’école allemande du Bauhaus, qui visait à réunir les arts, la production industrielle et l’artisanat en un tout : le gesamtkunstwerk. La fonctionnalité primait, et l’on croyait qu’un bon design devait être accessible à tous. Cent ans plus tard, le NEB souhaite, grâce à une collaboration interdisciplinaire similaire, traduire le Pacte vert pour l’Europe en projets concrets.

Durabilité, beauté et inclusivité sont les trois valeurs fondamentales qui servent de fil conducteur aux architectes, aux décideurs politiques, aux citoyens et aux chercheurs. La durabilité englobe les ambitions de réaffectation, de conception régénérative et d’une économie de la construction circulaire. La beauté relie les gens par le plaisir d’utiliser un lieu et exploite les qualités culturelles, sociales et naturelles inhérentes à celui-ci. Dans A+319 Reclaiming Beauty, qui paraîtra le 28 septembre, la rédaction d’A+ explore la manière dont l’esthétique se repositionne dans la pratique architecturale. L’inclusivité, enfin, va au-delà de l’accessibilité. C’est aussi un moyen de consolider la coopération au sein des communautés et entre elles, et d’inspirer de nouvelles façons de vivre ensemble.

Parmi les intervenants, l’architecte allemande Anna Heringer se distingue. Elle est une pionnière des projets participatifs s’appuyant sur l’artisanat local. En collaboration avec des écoliers, des enseignants et des artisans, elle a construit l’école METI Handmade au Bangladesh à partir d’argile et de bambou. Le projet a remporté en 2007 le Prix Aga Khan pour son approche simple et humaine, caractérisée par un haut degré de collaboration entre l’architecte, les artisans et les utilisateurs. Lors du festival, elle abordera la transition vers une économie de la construction neutre en carbone et circulaire, qui doit également être compétitive.

Plus près de chez nous, BC Architects fait figure de référence en matière d’architecture biorégionale. Le cofondateur Laurens Bekemans viendra parler de conception paysagère durable et résiliente et d’architecture biophilique. Le savoir-faire en matière de construction est un autre atout de l’architecture belge. La maître architecte (BMA) Lisa De Visscher veille à la qualité spatiale des projets de développement urbain à Bruxelles. Lors d’une table ronde, elle explorera comment une conception fondée sur l’empirisme permet de créer des espaces inclusifs et respectueux de la nature. Un dernier intervenant belge est Jochem Daelman, d’Onkruid, fondateur de Horst Arts and Music. Son discours d’ouverture s’appuie sur cette expérience pour montrer comment des interventions architecturales temporaires, des interventions artistiques et des processus de construction collectifs transforment des sites sous-utilisés en espaces culturels animés.

Si nous voulons construire un environnement durable, esthétique et inclusif, cela doit se faire de manière interdisciplinaire, en unissant nos forces, et avec la participation d’acteurs issus de toutes les couches de la société. Il est clair que les architectes belges ne sont pas de simples spectateurs, mais qu’ils contribuent à façonner cette approche. Le festival New European Bauhaus est l’occasion de réfléchir avec eux à l’avenir de la pratique architecturale européenne.