En 2020, les architectes Laura Muyldermans et Arian Schelstraete ont repensé la circulation d’une ancienne maison de bourgmestre à Gontrode. Ils ont pour ainsi dire mis la façade hors jeu et invitent d’emblée le visiteur à la table de la cuisine – poursuivant l’érosion de ce qui subsistait encore de la culture bourgeoise de l’habitat du 20e siècle.
Il y a peu d’endroits où l’habitat dérégularisé de Flandre est aussi visible que dans le développement linéaire le long des routes qui sillonnent son paysage urbanisé. Rouler sur une telle chaussée, c’est un peu comme faire défiler les résultats d’une recherche Google sans avoir introduit de terme de recherche : le magasin de meubles anachronique jouxte un restaurant-buffet à volonté, le commerce de voitures d’occasion à remettre fait face à un élevage de chevaux très classe, le salon de coiffure pas toujours ouvert survit à un jet de pierre d’une prairie où ruminent quelques vaches. Et au milieu de tout cela subsistent les vestiges d’un habitat bourgeois qui se concentrait autrefois autour du clocher de l’église ou du marché, mais qui, au fil des ans, s’est morcelé à travers le paysage flamand. La métaphore ci-dessus n’a pas été choisie au hasard : le cercle villageois a dû laisser la place au modèle en réseau d’une urbanité qui ne se limite plus à la seule ville.