Démesure. Le mot parle de lui-même. Il y en a trop ! Trop de volume, trop d’espace, trop de structure, bref, la mesure déborde.
Lorsqu’on réaffecte des bâtiments, on constate souvent un « clash » entre un programme et un espace qui ne convient jamais tel quel. Plafonds trop bas, escaliers au mauvais endroit, trop de fenêtres, ou pas assez… et de toute façon jamais où on les voudrait ! La démesure semble encore aggraver le problème. La réutilisation de très grands bâtiments – anciennes usines, centres de tri postal, halls d’exposition, garages – nous place d’emblée face à un questionnement économique et écologique. En effet, où peut-on encore dénicher des budgets pour rénover et adapter aux normes actuelles des milliers de mètres cubes vides ? Et faut-il réellement intégralement les isoler ? S’agissant de réutilisation de bâtiments démesurés, Benoît Vandenbulcke et Harold Fallon, dans le contexte actuel de récession et de décroissance, entrevoient précisément des possibilités d’une actualité brûlante : « Comment faire plus avec moins ? (…) La marge spatiale dégagée dans l’usage par Oversize invite à d’autres formes d’occupation de l’espace. C’est une opportunité programmatique, une invitation à l’appropriation. » L’approche adoptée par Baumans-Deffet architectes pour les ateliers centraux de Seraing en est un bel exemple. Cet ancien site a été transformé en hub de circulation, avec un parking donnant sur une place publique et un hall événementiel. Ici, l’échelle industrielle a débouché sur davantage de qualité.