La ligne ferroviaire L161, qui relie Bruxelles à Namur, se faufile à travers Schaerbeek, tantôt à ciel ouvert, tantôt sous terre, et passe sous le quartier européen avant de refaire surface chaussée de Wavre, à Ixelles. Le chemin de fer y coupe l’espace urbain en deux, et ses talus escarpés et inaccessibles forment une ligne de faille à travers la ville. MSA et Ney & Partners ont cherché les qualités des infrastructures existantes et ont recousu le tissu urbain. Cette ligne de crête crée une nouvelle connexion pour les usagers faibles et ouvre de nouvelles perspectives sur l’espace urbain.

À première vue, le projet de MSA et Ney & Partners est étonnamment simple, et d’une grande évidence. Un espace public tout en longueur s’étire en ruban le long de l’infrastructure ferroviaire existante. Le cheminement traverse des lieux auparavant impénétrables et relie entre eux les espaces publics. Alain Simon admet cependant que la topographie du site, les restrictions et exigences d’Infrabel (propriétaire du terrain), ainsi que l’état du sol et les écoulements des eaux ont confronté les concepteurs à de grands défis techniques. Leur approche de cette complexité est une véritable démonstration de leur précision et de leur ingéniosité. Prudemment, MSA et Ney & Partners ont exploré les limites des normes imposées. Les grillages entre le chemin de fer, les ponts et le sentier qui, dans la situation existante aménagée par Infrabel, donnaient le sentiment d’une cage, acquièrent un caractère ouvert. Une clôture parallèle couverte de plantes grimpantes répond aux normes de sécurité très strictes. À hauteur des ponts, où un grillage plus serré est obligatoire, la hauteur de la clôture est limitée en jouant sur les différences de hauteur du talus, et l’espace se déploie sur toute la largeur du site. À aucun endroit le nouveau sentier ne donne une impression confinée. Les talus végétalisés, les jardins arrière et l’arbre qui a été préservé – et qu’une des volées d’escaliers a dû contourner – donnent au parcours un caractère vert.