De toute évidence, ce ne sont pas les prix d’architecture qui manquent. Avec la régularité d’un coucou suisse, nombre de villes, entreprises ou organisations professionnelles mettent à l’honneur des bâtiments ou des architectes. Et à juste titre, parce qu’on ne parle jamais assez d’architecture ! Cependant, un prix d’architecture est bien plus qu’une simple cérémonie de remise de prix. C’est ce que démontre une fois encore le Brussels Architecture Prize, une initiative de la Région de Bruxelles-Capitale organisée par A+ en coproduction avec Urban. La première édition de 2021, qui fut couronnée de succès, a d’emblée tracé la voie de cette nouvelle édition. En effet, au-delà de distribuer des récompenses, ce prix ambitionne de questionner. Il constitue un moyen d’étudier par le prisme de l’espace bâti les urgences sociétales qui sont aujourd’hui en jeu. Parce que les architectes et les urbanistes sont au cœur de la société. Qu’il s’agisse d’habitat à prix abordable, de construction durable, de transition climatique, d’économie circulaire ou d’espace public de qualité offrant suffisamment de place aux piétons et aux cyclistes, tout est question d’espace. La vision de l’architecte sur ces urgences a un grand impact sur le visage d’une ville. Et lorsque tout cela est précédé en amont de demandes responsables et de qualité de la part des commanditaires ainsi que d’une politique architecturale progressive et novatrice, on s’envole vers des sommets !

À cet égard, Bruxelles, en sa qualité de plus grande ville du pays et de capitale de l’Europe, de ville d’accueil et de creuset multiculturel, doit tenir un rôle d’exemple. Elle possède également tous les atouts pour y parvenir : une position économique intéressante, de nombreux maîtres d’ouvrage publics et privés, et la présence d’un grand groupe d’architectes talentueux. Cela se traduit par une production architecturale impressionnante, ce qui n’a pas échappé au jury international du Brussels Architecture Prize. « Je suis impressionnée par la quantité, la qualité et la diversité des projets remis », a déclaré l’architecte danoise Dorte Mandrup, présidente du jury. Les projets nominés pour ce prix démontrent une fois de plus que les architectes n’éludent pas les thématiques épineuses et ne reculent pas devant les situations urbanistiques complexes, l’hyperdensité, les méthodes de construction alternatives et les processus participatifs inclusifs. Les conditions spatiales difficiles et en constante évolution propres à Bruxelles font de la ville un laboratoire où l’expérimentation – pour autant qu’on lui donne de l’oxygène – peut devenir le modèle à suivre pour la construction de demain, constituant ainsi un vivier pour la prochaine génération d’architectes.