Dans une récente interview1, Willem Jan Neutelings s’accorde à dire que «l’intégration d’une œuvre d’art permet aux personnes qui l’appréhendent d’entrer en relation avec un bâtiment. Ce qu’une tour en verre rend impossible. On ne peut également que difficilement développer une relation avec un mur blanc. Celui-ci dit: ‘je ne suis pas là’. Cela donne un sentiment d’irréel». 1 BRUZZ de 20/09/2017, interview de Willem Jan Neutelings par Laurent Vermeersch.

S’interroger sur la coexistence des arts plastiques ou de toute forme de décoration avec l’architecture mène à un constat : les hommes ont sans doute depuis toujours décoré leur habitat, leur palais, leur lieu de culte, leur lieu de rassemblement pour l’humaniser et donner au bâti un cachet particulier. L’art est moins un faire-valoir de l’architecture qu’un achèvement, qu’un parachèvement de celle-ci, qui la transcende. La difficulté de donner une définition du mot art entre néanmoins en ligne de compte, le terme venant de l’Occident à l’époque de la Renais- sance. Au départ, on parle de tekhne chez les Grecs, qui désigne l’art mais aussi l’artisanat, et ars, chez les Romains, qui désigne le travail, la profession, les corporations. Ce rapport entre art et architecture reste fondamental.