Non loin du jardin Jean-Félix Hap, Etterbeek cache un coin un peu particulier. L’îlot niché entre l’avenue d’Auderghem, la rue Fétis et la chaussée de Wavre s’ouvre aujourd’hui au quartier. La commune et le maître architecte bruxellois ont conjointement lancé un concours dans le contexte d’un contrat de quartier durable. Ura, en collaboration avec Landinzicht, s’est distingué par un master plan qui apporte de la clarté dans l’intrigant enchevêtrement de cette zone intérieure.

Bien qu’on ne soit pas à Boston, cet embrouillamini de parcelles qui caractérise Bruxelles n’est pas sans rappeler Kevin Lynch qui, dans The Image of the City, disait : « Il convient de reconnaître qu’il y a une certaine valeur dans la mystification, le labyrinthe ou la surprise d’un environnement. Nous sommes nombreux à aimer le Palais des Glaces, et les rues tortueuses de Boston ont un certain charme. Mais cela n’est possible qu’à deux conditions1. » D’abord, pour Kevin Lynch, on ne doit pas risquer de s’y perdre. Ensuite, le labyrinthe doit avoir une forme précise pouvant être explorée, puis reconnue au fil du temps. « Un chaos complet sans le moindre repère auquel se raccrocher n’est jamais agréable », poursuit-il. Cela semble inné chez Ura, quand on voit comment, par leur architecture, ils intègrent un programme étendu dans le désordre des parcelles existantes. Au lieu de simplement longer l’îlot, on ose à présent y pénétrer pour y découvrir progressivement une ludothèque, un jardin, des espaces pour les familles, une plaine de jeux, une salle de théâtre et de concert, un foyer polyvalent et une crèche. Le tout tissé entre des maisons en tous genres, neuves et plus anciennes. 1 Lynch, K., (1960). The Image of the City. Technology Press, Cambridge, pp. 5–6.