Peu de architectes parviennent à rendre avec autant de justesse le caractère désordonné du quotidien au sein de la géométrie intacte d’un plan d’ensemble comme le fait le cabinet bruxellois B-ILD Architects. Pour le bâtiment polyvalent Warot à Winksele, le cabinet a une nouvelle fois conçu un plan époustouflant. Malgré sa symétrie quasi tyrannique, le bâtiment sublime tout naturellement la banalité rurale de cette petite commune.

Une petite église de pèlerinage en grès tente de préserver l’apparence d’un hameau pittoresque à Winksele. Mais au cours des siècles passés, les rives environnantes ont été enclavées entre la Mechelsesteenweg et la Brusselsesteenweg, deux axes routiers majeurs menant à Louvain. Une ligne de chemin de fer traverse sa rue principale, la Dorpsstraat. À hauteur de l’arrêt de bus « Winksele schoonzicht » (« Belle vue sur Winksele »), la Brusselsesteenweg enjambe le Hogebeek. Il s’agit de l’un des nombreux ruisseaux inesthétiques que des ingénieurs français, puis autrichiens, ont contraints au XVIIIe siècle à s’engouffrer dans le carcan d’un canal souterrain, à l’endroit où leur cours croisait le tracé de la nouvelle route de liaison. Le ruisseau se fraye un chemin presque en secret, du sud-ouest vers le nord-est, à travers le murmure des lotissements de Winksele. Il passe sous la route pavée, traverse les champs, longe les jardins d’une rangée de maisons individuelles, passe devant la nouvelle école derrière laquelle se dresse un ensemble d’appartements récemment construit comprenant un supermarché, puis rejoint les terrains de sport, la salle omnisports et le parking, sous la Warotstraat menant au nouveau quartier résidentiel, puis contourne par l’arrière les maisons mitoyennes de la Dorpsstraat.