L’œuvre de l’artiste allemand Thomas Demand (1964) oscille entre fiction et réalité. A+ et Bozar l’invitent pour une conférence le 22 octobre au Palais des Beaux-Arts. Au cours de cette conférence, il parlera sans doute aussi de son travail qui sera exposé au Musée M de Louvain.

Bureaux vides, couloirs silencieux, grisâtres, lieux symboliques du travail et du capitalisme. La société est « un non-lieu » et le monde selon Thomas Demand un décor. La plupart des photographies de l’artiste allemand sont des reconstitutions d’images extraites de la presse ou du web. En reproduisant dans son atelier ces images photographiques en maquette, Thomas Demand réussit à concentrer le regard sur la surface picturale de la représentation et non plus sur le sujet même de l’image. Ces lieux qu’il vide de ses occupants et de ses références historiques les plus lisibles, il les reconstruit en papier et en carton de couleur, le plus souvent à l’échelle 1/1, pour les détruire une fois l’unique prise de vue réalisée. Ces lieux, fidèlement reconstitués, sont cependant rendus abstraits par une simplification de la géométrie, et par l’usage de couleurs réduites à des aplats dénués de textures et de matière. Par un éclairage très soigné, Demand assume l’artificialité et expurge l’humain pour ne retenir que la géométrie.