Publié le 02.07.2024 | Texte: Stijn Colon | Photos: Séverin Malaud © urban.brussels

En plein cœur de Bruxelles, les Halles Saint-Géry proposent depuis le 15 mai l’exposition « Vivre autrement » (en anglais : “New Ways of Living”). Les commissaires de cette exposition sont les bureaux bruxellois Dogma et CityTools, qui l’ont conçue à la demande d’Urban.Brussels. En partant du paysage diversifié des ménages présents à Bruxelles, l’expo tente d’offrir un panorama des formes alternatives d’habitat susceptibles d’inspirer notre mode de vie de demain.

L’exposition est construite autour de trois thématiques clés : émancipation des genres, habitat et travail, structures alternatives de propriété et réutilisation de bâtiments existants. Chaque thématique clé est traitée à partir de portraits ethnographiques de ménages bruxellois « non conformes ». Pour la thématique de l’émancipation des genres, l’expo se penche sur la situation précaire d’une mère célibataire et de ses quatre enfants vivant dans un appartement bruxellois, ainsi que sur le ménage unique d’une communauté queer à Ixelles. Le choix de mettre l’accent sur des ménages individuels – et de reléguer à l’arrière-plan les architectes concernés – est rafraîchissant et permet de réfléchir à l’appropriation, au mode de vie et aux défis qui touchent les habitantes et habitants.

Ces portraits sont tous accompagnés de quatre études de cas supplémentaires pour chaque thème, qu’elles contextualisent dans un cadre géographique et historique plus large. Illustrés par des plans en perspectives richement colorés et des dessins isométriques réalisés par Dogma, ces projets font le lien entre le portrait personnel et le rôle de la conception architecturale. Les études de cas choisies sont variées et offrent le contexte requis pour lire les formes d’habitat apparemment « nouvelles » comme des reprises et des évolutions de traditions ou expériences qui existaient déjà.

La scénographie qu’on peut voir sur les balcons intérieurs des halles présente les quatre thématiques clés dans un ensemble de tissus jaunes suspendus entre lesquels de minces panneaux en MDF gris racontent l’histoire de l’exposition. En complément, une ligne du temps centrale retrace l’évolution des plans des maisons occidentales de l’époque des premiers sites semi-sédentaires à nos jours. C’est là que le regard idéologique des commissaires s’exprime le plus clairement, en lisant cette évolution comme « une tentative des puissants d’amener les habitants à se sédentariser ».

L’exposition se clôture par une explication du rôle de la réglementation dans cette grande histoire de l’habitat et du logement. Bien que ce zoom arrière soit un complément bienvenu à l’exposition, les visiteurs restent un peu sur leur faim étant donné que l’explication se limite à un résumé concis des ambitions et réglementations actuelles. La page de projet sur le site web de CityTools révèle que le projet ambitionnait également d’inclure des propositions politiques concrètes, qui, chemin faisant, ont vraisemblablement été reléguées à l’arrière-plan. Malgré cela, l’exposition offre une vision panoramique de la diversité des formes d’habitat d’aujourd’hui, d’hier et peut-être aussi de demain. À une époque où les habitations sont davantage considérées comme des placements immobiliers que comme des lieux de vie, cette exposition est un antidote souverain.

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