Pour un architecte, créer un laboratoire d’essais sur le béton n’a rien de très sexy. En effet, la construction des
sols et murs en béton extrêmement lourds destinés aux tests est déjà si onéreuse que le commanditaire n’attend de l’architecte rien de plus qu’une enveloppe bon marché de type « boîte à chaussures ». Le budget ne permet d’ailleurs pas de prévoir beaucoup plus. Pourtant, avec leur projet pour l’ACB2 (centre d’application béton et bâtiments) du campus Diepenbeek de l’UHasselt, Jeroen Beerten (Bel Architecten) et Jan Vanweert (Dhoore-Vanweert Architecten) ont démontré que dans de telles circonstances, l’architecture détient tout de même de nombreux moyens d’apporter une contribution significative.
Un hangar d’expérimentation tel que l’ACB 2 nécessite beaucoup de place, avec une empreinte au sol de pas moins de 18×36 m, et une hauteur libre de 9 m. Il permet de réaliser des essais sur des sols de 9×24 m et des murs d’une hauteur de 7 m, chaque élément devant pouvoir résister à d’énormes contraintes. Des ponts roulants installés contre la toiture permettent de faire entrer des éléments de pas moins de 40 m de long avant de les évacuer vers un espace de stockage de 18×12 m2. Le transport d’éléments aussi lourds requiert également des voies d’accès adaptées. Quelques centaines de mètres carrés sont en outre nécessaires pour les labos, etc.