Les défis écologiques et économiques auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui exercent une pression croissante tant sur les pouvoirs publics que sur le marché – et, par conséquent, sur les architectes. Lorsque des commandes publiques et privées de grande envergure sont réalisées, le profit économique l’emporte sur les bénéfices sociaux, culturels ou écologiques. Michiel Van Balen, cofondateur de Miss Miyagi, propose une autre manière de développer des projets immobiliers, loin de la contradiction entre le marché et les pouvoirs publics. S’appuyant sur le concept des « biens communs », il présente un modèle dans lequel le bien commun et la gestion collective priment, avec pour objectif et résultat un bénéfice social accru.

« Nous façonnons d’abord nos bâtiments, puis ce sont eux qui nous façonnent », a dit un jour Winston Churchill. L’architecture consiste à façonner spatialement notre société avec un regard critique, car cet environnement bâti a un impact profond sur ce que nous sommes et sur la manière dont nous vivons ensemble. L’architecture a donc incontestablement un rôle direct et indirect à jouer face aux défis actuels liés à la transition. Directement, à travers les choix opérés au niveau du projet en matière de mobilité, de densité, de matériaux, de techniques, etc. Et indirectement, mais peut-être de manière encore plus importante, en orientant, via le contexte spatial, les processus sociaux, économiques et politiques nécessaires pour mener à bien cette transition. Le rôle que la pratique de la conception peut jouer à cet égard est donc vaste, mais en même temps limité. Car au sein du triangle juridique entre l’architecte, le maître d’ouvrage et l’entrepreneur, l’influence du concepteur existe par la grâce du maître d’ouvrage et avec l’approbation des autorités.
Le modèle de développement commercial