Le déménagement de la collection du CIVA dans le nouveau bâtiment du pôle culturel Kanal approche à grands pas. Ce changement, synonyme de possibilités futures, déterminera un renouveau pour le CIVA. Pourtant, c’est sur le passé que se questionne l’organisme dans le cadre de sa nouvelle exposition sur les origines de l’architecture. La pre-architecture, l’étude de l’architecture à l’époque de la préhistoire, n’est pas seulement synonyme d’absence d’architecture. Elle est la possibilité d’une tournure alternative des évènements, au regard des défis sociaux et du dérèglement climatique actuels qui remettent en question nos pratiques. Cette réflexion critique portée par le regard d’architectes, artistes, sociologues et archéologues est à visiter jusqu’au 30 mars 2025.


Les œuvres exposées se focalisent sur les fondements de l’architecture et nous invitent à nous questionner à travers des médiums intensément divers tels que dessins, collages, récits, photographies, sculptures, textiles, etc. Les croquis et diagrammes issus de Magic Architecture de Frederick Kiesler illustrent sa réflexion sur la notion d’« every-man’s architecture ». Des recherches souvent transdisciplinaires, à la croisée de l’archéologie, l’anthropologie et la biologie.
L’attention du visiteur se porte sur la critique de la modernité et son contexte historique. L’ouvrage DES-HABITAT de Paulo Tavares met en exergue le croisement de l’esthétique moderniste avec la période colonialiste. Il invite à un engagement critique sur les questions de décolonisation et d’oppression dans l’architecture.
L’émergence de l’architecture en tant que pratique serait liée à l’émergence de la ville comme un lieu de pouvoir, selon Laurent de Sutter. En effet, étymologiquement archè désigne pouvoir. L’architecture se base sur des règles à appliquer, nécessaires au besoin humain de fondement. Mais que serait-il advenu si l’architecture était anarchique ?


Une série d’évènements et de conférences alimentent le débat en lien avec l’exposition. Le travail de Mariana Castillo Deball, Kader Attia, Anton Vidokle & Pelin Tan Gilgamesh, David Wengrow & Eyal Weizman, Jacques Gillet, Gianni Pettena, Ettore Sottsass, ou encore Hans Hollein est à retrouver. Il nous plonge dans un monde implicite, à l’instar de l’allégorie de la caverne, l’exposition remet en question nos perceptions en présentant une alternative à notre réalité connue. Elle nous suggère une autre possibilité d’évolution de l’architecture.