Depuis l’apparition au 19e siècle de la gestion moderne des villes, les espaces verts urbains reflètent les changements et les conflits de la société. Le 21e siècle place les espaces verts urbains face à de nouveaux défis et offre de nouvelles opportunités. L’exposition Designed Landscapes, 1775–2020, au Civa, à Bruxelles, se déroule jusqu’au 31 mars et est consacrée au passé et au présent du paysage bruxellois. Dans ce cadre, Bart Tritsmans propose une réflexion sur l’architecture paysagère urbaine en Belgique et s’est entretenu avec quelques experts.

« Il est incontestable qu’un regain d’attrait considérable se manifeste en faveur des jardins dans notre pays. »1 L’architecte paysagiste Louis Van der Swaelmen, en 1913, écrivait que les villes belges se sont fait remarquer au début du 20esiècle par un changement d’attitude envers les espaces verts urbains. Pour Louis Van der Swaelmen, c’était une nécessité: « On ne voit que sur le continent et principalement en Belgique, meurtrir, taillader, amputer, massacrer les arbres des promenades et des bois d’agrément; routine absurde et ignorante. »2 Des personnalités de premier plan aux parcours professionnels très divers luttaient alors pour la préservation des espaces verts dans les villes et alentour. Ils insistaient sur l’importance d’un environnement sain pour les citadins, et voyaient dans les espaces verts urbains un moyen de renforcer le prestige international des villes. 1 Louis Van der Swaelmen, «L’œuvre du nouveau jardin pittoresque et l’art des jardins dans les villes», Premier congrès international et exposition comparée des villes, p.229. 2 Ibidem, p. 232.