Comment, dans un contexte de disette financière, les interventions légères et porteuses de quick win peuvent-elles se multiplier et devancer des aménagements pérennes plus lourds, lents et coûteux ? En d’autres termes, comment les démarches activistes bottom-up peuvent-elles s’allier à un urbanisme top-down classique pour produire les différentes étapes de projets qualitatifs et bien acceptés ?

En 1961, Jane Jacobs, dans son ouvrage séminal Déclin et survie des grandes villes américaines, pointait les conséquences toxiques de l‘alliance de l’urbanisme moderniste et de l’essor hégémonique de la voiture. Ce message a ensuite été repris dès les années 1970 depuis Copenhague par Jan Gehl qui nous alerte sur « les dangers d’une société de plus en plus privatisée, avec ses logements privés, ses voitures […] et ses centres commerciaux où la dimension publique de nos vies est en train de disparaître1 ». Il poursuivait en martelant son crédo : « il est de plus en plus important de rendre les villes accueillantes, afin que nous puissions rencontrer nos concitoyens en face à face et vivre directement des expériences sensorielles. La vie publique dans des espaces publics de qualité est un élément essentiel d’une vie démocratique et d’une vie épanouie. » 1 Traduction libre de l’auteur depuis l’anglais. https://www.pps.org/article/jgehl