La beauté revient au cœur du débat architectural, en partie par nécessité. Dans les régimes autoritaires, la beauté architecturale est associée à la tradition classique et ainsi instrumentalisée à des fins politiques, une tendance qui oblige le monde professionnel à réagir. Parallèlement, la pratique architecturale est également soumise à des exigences de plus en plus strictes d’efficacité et d’optimisation. Dans ce contexte, la beauté est une valeur qui contribue à la mission sociétale de l’architecture. En d’autres termes, la beauté se présente comme un sanctuaire où l’architecture peut affirmer sa raison d’être, et comme un champ de bataille politique où s’affrontent des questions telles que la tradition, le canon, l’autorité, l’inclusion et l’engagement.

Ce grand écart ne facilite pas le discours sur la beauté, a fortiori en raison du fait que cette question est abordée différemment par les profanes et les architectes. Même si les architectes ont peiné à parler de beauté au cours des dernières décennies, le public a toujours accueilli avec enthousiasme les jugements esthétiques. Les débats sur la transformation du Steen à Anvers par noA, ou la polémique autour du Gravensteen à Gand, n’en sont que deux exemples représentatifs.

Cet article est paru dans A+319, publié le 28.09.2026.