Depuis la fin des années 1960, l’artiste Jean Glibert développe un travail d’intégration de la couleur à l’architecture et à l’espace public. Ses interventions, au vocabulaire minimaliste, se mêlent inextricablement au bâti ou à l’espace pour en souligner ou redéfinir les caractéristiques visuelles et physiques. La nature singulière et obstinée de cet oeuvre l’a conduit à travailler avec de nombreux architectes, ingénieurs ou entrepreneurs comme Michel de Visscher, Daniel Dethier, Pierre Hebbelink, Alain Hinant ou le Bureau Greisch. Alors que le Palais des Beaux-Arts s’apprête à lui consacrer, au mois d’octobre 2017, une rétrospective bienvenue, Anaël Lejeune rencontre Jean Glibert dans son atelier pour évoquer son parcours et sa conception de l’intervention artistique dans l’architecture.

Anaël Lejeune – Vous avez été formé à La Cambre (1957–1961) dans l’atelier de Peinture monumentale, une école dont vous intégrerez plus tard le corps pédagogique. Pouvez-vous rappeler ce qui orienta votre choix pour la peinture plutôt que pour l’architecture, pour laquelle vous manifestiez pourtant déjà un intérêt ?