Un chantier marque le moment de la concrétisation d’un bâtiment. Après des mois, voire des années passés à créer, calculer et négocier, après l’incontournable phase de l’architecture sur papier, le projet prend enfin corps. C’est donc aussi un reality check : quel que soit le nombre de dessins en perspective, images 3D ou maquettes réalisés, ce n’est que sur le chantier, une fois que l’on est confronté à la réalité des choses, que l’on peut vérifier si les proportions, les qualités spatiales et l’effet des matériaux choisis correspondent bel et bien à ce que l’on avait imaginé.

Davantage encore lorsqu’il s’agit de transformations et restaurations complexes, nombre de chantiers sont un lieu d’étude permanente, un lieu de progrès, de nouvelles découvertes, d’adaptations et de décisions conceptuelles. La restauration de la Boekentoren de Henry Van de Velde à Gand par Robbrecht en Daem architecten s’est avérée être une petite prouesse précédée de plusieurs années d’étude, tandis que le chantier même s’est révélé être une impressionnante combinaison de logistique, de nouvelles technologies et de travail artisanal à petite échelle.