Les listes. À l’approche de la fin de l’année, elles semblent toujours incontournables. Comme s’il fallait, pour les comprendre, obligatoirement réduire les douze mois précédents à quelques temps forts. Quoi qu’on en pense, ces listes ont toujours existé. Souvenons-nous des Dix Commandements, par exemple. L’histoire du monde est contenue dans des listes allant du péché à la sainteté en passant par les plantes médicinales, les victoires militaires ou les femmes de Don Juan. Déjà bien avant Denis Diderot (et son encyclopédie en 1713), il y avait comme une nécessité de disposer d’une synthèse, d’une vue d’ensemble et d’une définition pour comprendre le Bien. Comme l’écrivait Umberto Eco (1932) dans Vertige de la liste (2009): «La liste est l’origine de la culture. Elle fait partie de l’histoire de l’art et de la littérature. Que veut la culture? Rendre l’infini compréhensible. Elle veut aussi créer de l’ordre – pas toujours, mais souvent. Et comment, en tant qu’être humain, affronte-t-on l’infini ? Comment tenter de saisir l’incompréhensible? Grâce à des listes, à des fichiers, à des collections dans des musées, à des encyclopédies et à des dictionnaires.»1 1 Umberto Eco, Vertige de la liste, Flammarion, Paris, 2009
A+ a également ressenti la nécessité d’une vue d’ensemble. D’une réponse – si insuffisante soit-elle – à la question impossible: «Ici et maintenant, qu’est-ce qu’une architecture de qualité?» C’est pourquoi nous avons demandé à une cinquantaine d’architectes –jeunes et expérimentés –, commissaires, maîtres-architectes et responsables politiques quels étaient leurs cinq projets favoris des dernières années. Nous amenant à la création d’une nouvelle liste de cinq constats.