L’ère du numérique a un impact important sur les formes d’expression et sur les projets qui en résultent. Les caméras, ordinateurs et logiciels de dessin s’interposent désormais dans le champ de vision entre l’architecte et ce qui l’entoure. Dès lors, les esquisses faites à la main ont-elles encore une utilité ?
L’esquisse est à la base de nombreuses formes artistiques –citons pour exemple les dessins de Pier Paolo Pasolini ou The Green Line de Francis Alÿs. La main de l’architecte qui trace ces lignes sur une feuille de papier s’apparente au corps du danseur qui cherche une chorégraphie inédite. En ce sens, réaliser une esquisse pendant le processus de création est une forme d’improvisation. En effet, comment dessiner une chose qu’on ne connaît pas encore? Comment écrire ce qu’on n’a pas encore mis en mots? Comment bouger différemment de ce qu’on a toujours fait? Quand on fait une esquisse, il ne s’agit pas vraiment de savoir si on est en train de faire un bon ou un mauvais dessin. Ce qui compte, c’est ce que les lignes tracées sur le papier suscitent et évoquent.