Pour les derniers mois de l’année Stynen, le VAi a mis les bouchées doubles : une grande rétrospective, deux cabinets d’architecture, des conférences et un superbe catalogue. Le fil rouge de tous ces projets autour de Léon Stynen dépasse l’architecture et aborde notamment la manière dont Stynen voyait son travail – et celui des autres.

En 1963, Ludo Bekkers réalise pour la brt deux émissions consacrées à l’œuvre de Le Corbusier à Chandigarh. Il passe alors un mois dans la ville où Léon Stynen le rejoint pendant deux semaines. Pendant cette pé- riode, ce dernier réalise toute une série de photos de la ville et de l’architecture de Le Corbusier, son maître à penser. Ces photos révèlent un autre Stynen. Elles n’avaient pas vocation à être rendues publiques et témoignent simplement de l’intérêt porté par Stynen à la photographie sous toutes ses facettes, tout au long de sa carrière. Il possédait plusieurs appareils photo et a photographié son propre travail pendant toute sa vie. Ses photos de Chandigarh nous emmènent dans l’univers créatif de l’architecte, nous révèlent le regard qu’il portait sur l’architecture d’autrui et la façon dont Chandigarh l’a inspiré. Regarder cette architecture et la photographier s’inscrit donc dans le cadre d’une étude architectu- rale portant sur l’espace, les matériaux, la structure et la lumière. Le Corbusier félicita Stynen pour ces photos où l’on décèle clai- rement l’œil de l’architecte, mais aussi celui du photographe habitué à flirter avec les limites et les possibilités de la photographie en tant que support.