Quatre jeunes architectes (Marcello Carpino (IT), Olivier Thomas (FR), Côme Rolin (FR) et Leander Venlet (BE)) qu’apparemment rien n’effraie se sont mis en tête d’organiser une exposition dédiée à la florissante scène des architectes qui débutent dans le métier à Bruxelles. Avec le soutien du BMA, ils sont parvenus à convaincre le groupe D’Ieteren de mettre à disposition son siège, rue du Mail à Bruxelles – un bâtiment conçu par René Stapels (1962-1967). Brussels Based, qui montre la grande diversité de pratiques aux accents très internationaux, est un véritable trésor d’informations. Je me suis entretenu en ligne avec Marcello, Olivier et Côme.

A+  Qu’est-ce qui vous a amenés à organiser Brussels Based ?

Marcello Carpino – D’innombrables bureaux d’architectes ont été créés à Bruxelles au cours de la dernière décennie. C’est le signe que la scène architecturale bruxelloise est particulièrement florissante. Et cela n’a rien d’étonnant. De nombreux concours, généralement accessibles aux architectes débutants, y sont organisés. C’est rarement le cas dans d’autres pays de l’UE.  De plus, Bruxelles est une ville très ouverte aux étrangers.

Côme Rolin – Dans le cadre de cette exposition, l’appel à participation était accompagné d’un questionnaire qui nous a révélé qu’à peine 46% des fondateurs et fondatrices de nouveaux bureaux d’architecture étaient belges. Les autres sont de nationalité étrangère. Les Français sont les plus largement représentés, avec 23%, mais aussi les Italiens, avec 10%.

A+  Comment expliquez-vous cela ?

Olivier Thomas – La formation à La Cambre est très attrayante pour les Françaises et les Français, qui ont en outre beaucoup d’admiration pour des bureaux belges tels que DVVT ou OFFICE Kersten Geers David Van Severen. C’est pourquoi il n’est pas rare qu’ils et elles veuillent y trouver du travail au terme de leurs études.

MC Les conditions de travail sont nettement moins bonnes en Italie. De plus, on trouve à Bruxelles de nombreux bureaux d’une taille intéressante, à savoir des structures plutôt réduites et non des usines employant un grand nombre de personnes.

A+  Vous présentez le travail de 50 architectes travaillant en solo ou en collectif. Plusieurs bureaux ont connu une belle croissance depuis leur création. Comment avez-vous effectué votre sélection ?

OT Le processus a pris du temps. Le BMA nous a apporté son soutien en mettant ses données à notre disposition. La condition de base était que le bureau n’existe que depuis 2014 et soit établi à Bruxelles.

MC Il y a en effet une grande diversité dans la nature et la taille des bureaux participants. Certains opèrent uniquement à Bruxelles, d’autres à l’échelle de la Belgique ou à l’international. Quelques-uns se consacrent plutôt à la théorie et aux publications. Et puis, il y a aussi des outsiders tels que la créatrice de textile Flore Fockedey.

A+  Comment ces créateurs se présentent-ils ? Dans quelle scénographie ?

CR Nous leur avons demandé de se présenter à partir d’un seul objet. Et là aussi, on retrouve une grande diversité : il y a des maquettes, des dessins, des livres… Certains existaient déjà, d’autres ont été spécialement conçus pour cette exposition.

OT Nous n’avions qu’un petit budget à notre disposition. C’est pourquoi la scénographie part de matériaux disponibles dans le bâtiment conçu par René Stapels, comme les dalles des plafonds, qui sont actuellement en cours de rénovation. Visiter l’exposition Brussels Based, au-delà de venir à la rencontre d’un monde de jeunes architectes, c’est aussi découvrir un bâtiment d’exception.

Brussels Based : du 21 mars au 20 avril 2025, rue du Mail 50 à Ixelles. Ouvert du jeudi au dimanche de 10h00 à 18h00.

Dans le cadre de l’exposition, Brussels Based organise également des débats, notamment sur le thème des conditions de travail des architectes qui débutent.