La rénovation du centre culturel Cadol à Koekelberg fait l’objet d’un concours remporté par l’équipe de OUEST architecture. La particularité de la demande est une réflexion croisée entre le projet architectural et paysager de la cour de l’école Swartenbroeks voisine. Par de subtiles interventions, tant ponctuelles que judicieuses, le projet réussit à valoriser le patrimoine architectural existant et à tisser de nouveaux liens.


Le travail de OUEST en collaboration avec le bureau de paysagistes LOKUS sur les aménagements extérieurs est crucial pour tracer le territoire reliant la cour de l’école à l’espace culturel. Plusieurs composants rythment ce nouveau paysage. La haie existante qui longe la limite de la cour est taillée pour créer des ouvertures et des vues à travers le mur végétal existant. Le préau est prolongé et complété par des jeux pour enfants. Tandis qu’un banc circulaire sert à la fois de délimitation subtile entre la cour des grands et des plus petits et devient le périmètre d’un ilot végétal incluant l’arbre existant.
Pour aborder le projet de l’espace culturel, une réflexion est menée sur la séquence spatiale qui permet un dialogue harmonieux entre les différents espaces. Les accès sont suggérés par des jeux de perspectives dès lors qu’on approche du bâtiment, alors même que l’on se trouve encore à l’extérieur. En effet, une attention particulière est accordée au porche, élément cher à son architecte Henri Jacobs, à qui l’on doit la façade Art Nouveau du début du 20è. Aujourd’hui, le parti pris est de garder les qualités de ce porche et lui offrir de nouvelles perspectives. Lorsque l’on fait la queue pour entrer dans la salle de spectacle depuis la rue, une ouverture laisse apercevoir des vues sur le bar à l’intérieur. Ce même système de jeux de perspectives est repris à l’intérieur avec une vue depuis le bar sur la petite salle.
Dans la grande salle, plusieurs configurations sont offertes. L’astuce du camouflage des techniques dans les espaces perdus sous les gradins libère celui de la salle. Le balcon filant donne d’autres perspectives sur la scène. Une réflexion poussée sur le thème crucial de l’acoustique est étudiée, notamment par des réflecteurs, des panneaux absorbants, une isolation par l’extérieur, ou encore des volets, solution déjà utilisée par OUEST pour le projet des Ateliers Claus à Saint-Gilles.
Le projet allie ainsi plusieurs interventions ponctuelles pour valoriser le patrimoine architectural existant. Il devance les projets des autres concurrents, constitués des équipes de l’Atelier Architecture Alain Richard, Burobill, époc et Label, grâce à son attention marquée au « déjà-là ». En agissant par acupuncture, il démontre que sans passer par la tabula rasa, on peut traiter avec davantage de sensibilité la question du vivre-ensemble.

