Tatiana Bilbao (Mexico, 1972) a passé deux décennies à construire une architecture qui ne part pas de la forme, mais de la question de savoir qui utilisera l’espace pour s’y épanouir. D’un monastère dans le Brandebourg à un aquarium sur la côte mexicaine, du logement social à une ligne de téléphérique pour les périphéries de Mexico, tout revient toujours à ce qu’elle appelle « l’Autre », s’inspirant pour cette notion de la philosophie d’Emmanuel Lévinas. Dans cet entretien, en amont de sa conférence à Bozar à Bruxelles le 13 octobre, Tatiana Bilbao partage ses réflexions sur l’intuition, le béton dans le désert, le luxe de la liberté, et une architecture qui veut être réécrite par celles et ceux qui viennent l’habiter.

Dominique Pieters (A+)  – Votre esprit semble ne pas connaître de répit – une idée peut surgir pendant que vous tenez la main de votre fille, ou pendant un appel téléphonique relatif à un tout autre sujet. Est-ce une méthode de travail que vous pouvez enseigner à vos étudiantes et étudiants, ou est-ce simplement votre façon d’être ?

Cet article est paru dans A+319, publié le 28.09.2026.