L’article paru dans le numéro 279 d’A+, à propos de la création de l’ICA/WB, a suscité chez moi une réaction de crispation, et donc le besoin de réagir. La première question fut de savoir d’où parle l’autrice ? S’agit-il d’une opinion personnelle ? Auquel cas, rien à dire ! Chacun.e est libre de s’exprimer sur ce type d’initiative et la controverse est source de vitalité du débat en démocratie. C’est alors dans une rubrique « opinion » que l’article aurait dû prendre place. Sa publication, tout de suite après l’éditorial, de même que l’appartenance de l’autrice à la commission artistique de la revue, laisse penser que l’article reflète le point de vue de la rédaction. Dans cette perspective, il est légitime d’attendre de la seule revue belge d’architecture, qui se réclame être porteuse du débat sur la culture architecturale dans ce pays, qu’elle garantisse une certaine exigence dans la relation de l’information diffusée.
Si je partage avec Véronique Patteeuw l’idée que le Civa avait un « énorme potentiel », sa surprise quant aux conditions de la disparition de l’ASBL en 2015 semble indiquer qu’elle méconnaît ces conditions. Personne n’a « fait disparaître le Civa ». Il s’en est tout simplement chargé luimême en alignant un déficit abyssal. Autrement dit, le Civa s’est trouvé en état de déconfiture et la Fédération Wallonie- Bruxelles, alors pourvoyeuse d’une subvention significative, n’a pu que constater, en vertu des règles comptables applicables à tous, que le trou, largement supérieur à la subvention, rendait impossible le maintien du lien contractuel.