En 2016, Alejandro Aravena a convié les Irlandais de Grafton Architects à participer à Reporting from the Front, « sa » Biennale d’architecture de Venise. Cette même année, la biennale a invité Yvonne Farrell et Shelley McNamara, les fondatrices de Grafton Architects, comme commissaires de l’édition 2018. Tout comme Aravena, elles ont, elles aussi, adressé au monde un manifeste dont le ton est toutefois très différent. Il ne s’agit pas d’une invitation militante à une architecture sur la ligne de front du débat sociétal, mais d’un plaidoyer pour le Freespace. Est-ce plus qu’une belle trouvaille.

Freespace, ce mot qui n’existe pas, est un néologisme plutôt suggestif. On peut le traduire par « espace libre ». Il englobe les concepts de ville libre ou d’État libre. Le mot suggère donc une forme d’État ou un modèle de société. Freespace suggère également « espace libre » ou « marge d’expérimentation », métaphores de l’espace de jeu intellectuel ou artistique. Le concept peut également correspondre à des lieux qui n’appartiennent pas à une fonction ou à un groupe précis, mais sont ouverts à tous les types d’utilisation.