Les projets d’Eros Center de Liège et Seraing témoignent de logiques complexes : protéger les travailleurs du sexe tout en les rendant invisibles, laisser une place à la prostitution tout en la contrôlant, voire en la ghettoïsant. Leur pertinence reste un débat ouvert.
Après la fermeture de nombreux salons de prostitution et de bars à serveuses en 2008 à Liège, une centaine de personnes prostituées n’ont eu d’autre choix que de se replier dans l’anonymat du domicile privé ou de la clandestinité, rendant ainsi la prostitution invisible. D’autres se sont déplacées en périphérie de la ville, fragilisant et saturant des zones de prostitution existantes, notamment à Seraing qui a vu tripler le nombre de prostituées sur son territoire, empêchant ainsi les actions de prévention et de suivi social par les associations de terrain.