Aux 19e et 20e siècles, l’homme a tenté de dompter l’eau en corsetant les ruisseaux et les rivières dans des digues et en asséchant les terres pour l’agriculture, mais aussi pour le tourisme. Le bord de l’eau et les zones humides, ces lieux jadis pleins de dangers, sont devenus des lieux de villégiature très prisés. Pour la nature, en revanche, ce fut une catastrophe. De plus, l’eau ne se laissait pas facilement apprivoiser : bien que le sol soit drainé et asséché, les inondations sont devenues de plus en plus fréquentes parce que le lit de nombreux cours d’eau était devenu trop étroit. À Chevetogne, l’Atelier Paysage a montré comment rétablir une zone humide naturelle tout en veillant à ce qu’elle reste accessible aux amoureux de la nature et aux touristes.

En 1969, la Province de Namur achète le domaine de 453 ha autour du château de Chevetogne, conçu 100 ans plus tôt par Hendrik Beyaert pour le baron Jacques de Wykerslooth de Rooyesteyn. La Province décide alors de réaffecter le domaine en zone de tourisme social, avec notamment un camping-caravaning sur les berges du ruisseau du Molignat qui s’écoule d’est en ouest vers les étangs de Chevetogne. Juste avant de s’y jeter, il rejoint le ruisseau du Mivau, qui arrive du nord.