À Bruxelles, l’intervention du bureau B612 et OLM paysagistes vise à retisser l’urbanité de l’îlot Fontainas grâce à un traitement paysager basé sur l’écologie et une densification raisonnée. Dans ce projet participatif, la mixité programmatique devient le terreau d’une véritable dynamique sociale pour le quartier. 

Au nord de la place Anneessens, entre la rue Van Artevelde, la rue des Six-Jetons et la rue d’Anderlecht, l’îlot Fontainas – pôle urbain de taille au sein du Pentagone de Bruxelles – s’insère dans le vaste projet piétonnier du centre-ville. Un parc sans réelle qualité, « un espace vert », avait été créé à la fin des années 1990 afin de mettre un terme au chancre laissé par le démantèlement des usines Philips. Alors que le provisoire s’était installé durablement, les pignons aveugles et les ruptures de gabarit accentuaient l’aspect hétéroclite de ce tissu en lambeaux. Imaginée près de trente ans plus tard par Li Mei Tsien et Olivier Mathieu, la reconquête du terrain vague appelle une réponse urbaine singulière, préférant à la reconstitution d’un îlot classique la préservation d’une morphologie ouverte. L’îlot poreux est véritablement traversé par l’espace public qui retisse des liens avec les quartiers alentour et ambitionne une profonde réduction des disparités économiques et sociales. Engagé par le Contrat de quartier durable « Jardin aux Fleurs », le projet prévoit aussi la création de logements à destination des familles et des étudiants, de deux structures de co-accueil pour la petite enfance, d’un espace Horeca en bord de parc, d’une salle polyvalente, d’un équipement sportif répondant aux normes actuelles pour permettre la pratique de compétitions nationales ; autant de points d’attraction qui faciliteront l’appropriation du site par les riverains.