Une image contient autant de détails que certains verront — et d’autres ne verront pas. Pour que le sens advienne, pour ceux qui sont prêts à s’y intéresser, un détail doit créer un lien. Il doit répondre à quelque chose : un usage, un matériau, une méthode, un contexte. Plus qu’une question d’esthétique, le détail est l’aboutissement d’une série de choix conscients et d’heureux hasards. Lorsque la relation entre le contexte et le détail se précise et devient lisible, la spatialité se manifeste. Aucun détail n’est gratuit dès lors qu’il est le fruit d’une réflexion. Le plaisir du détail, que les architectes savent reconnaître entre eux, tend aujourd’hui à susciter une certaine gêne, par crainte de ne pas paraître « dans l’air du temps ». Dans un contexte où le débat architectural est dominé par les notions de low tech et de high tech, d’écologie, de genre et de questions sociétales plus larges, il peut être salutaire de renouer avec le plaisir du détail — simple et parfois plein d’esprit.