Les querelles liées à l’architecture « scandaleuse » sont désormais des incontournables sur les réseaux sociaux. Qu’il s’agisse du Steen à Anvers, du château des Comtes de Gand, de l’extension du musée des Beaux-Arts de Tournai ou de la rénovation de l’hôtel de ville de Louvain. Les médias classiques aiment souffler sur les braises de tels scandales. Un grincheux fera ensuite remarquer que ces projets ont souvent suivi un parcours exemplaire ou que tout ce tapage porte sur des futilités ou des informations infondées. Les véritables questions liées au projet sont ainsi passées sous silence. On confond manipulation de l’opinion avec « adhésion », avec « l’avis de monsieur Tout-le-Monde » et même avec « démocratie ». Mais ce genre de journalisme paresseux ne fait que saper la démocratie en escamotant les vraies questions. Autrement dit, le journalisme paresseux est un danger pour l’architecture de qualité.
Le Steen à Anvers en est un exemple d’école. Lorsque la polémique a éclaté en avril 2021 à propos de la rénovation du Steen à Anvers par noA Architects, à vrai dire, j’ai moi aussi été surpris par l’image publiée dans la presse.