Une petite église ancienne, des rideaux formant une pièce dans la forêt, un faux rocher dans un champ de maïs et un village western… Les interventions spatiales de l’exposition à ciel ouvert Le regard de Bruegel à Dilbeek nous invitent à porter un regard différent sur un paysage flamand d’apparence banale et typique.

Comme tout le monde le sait, 2019 est l’année Bruegel : à l’occasion du 450e anniversaire de la mort de Pieter Bruegel l’Ancien, plusieurs grands musées à travers le monde entier exposent ses œuvres. La commune de Dilbeek accueille jusqu’à l’automne une exposition plutôt atypique consacrée non pas aux œuvres de Bruegel mais à son regard sur le paysage, qui devient alors central. Tout a débuté avec la chapelle de Sint-Anna-Pede et le moulin à eau de Sint-Gertrudis-Pede, que l’on retrouve dans plusieurs tableaux du grand maître. Ces deux édifices témoignent du fait que le Pajottenland a servi de modèle à la série d’impressionnants paysages construits qui caractérisent l’œuvre de Bruegel. Dans ces tableaux, il partait d’une perspective particulière depuis laquelle il regardait d’en haut un paysage imaginaire, scénographié, qu’il composait et transformait tel un spécialiste de Photoshop avant la lettre.