En 2016, Alejandro Aravena avait baptisé la biennale d’architecture de Venise « Reporting from the front », suggérant ainsi que les architectes sont en première ligne du combat pour un monde meilleur. Cette année, Hashim Sarkis va encore plus loin avec son slogan « How will we live together? ». Sarkis pense-t-il réellement que l’architecture doit ou peut sauver le monde ? Ou ces belles paroles cacheraient-elles un profond manque de confiance dans la discipline elle-même ?

Ce faisant, Sarkis s’arrange pour intégrer dans son exposition centrale les quelque 120 contributions ne relevant pas stricto sensu du domaine de l’architecture. La sociologie, l’anthropologie, la neurobiologie, la technologie et l’étude sur le terrain viennent ici élargir notre conception de l’architecture… Rien de neuf sous le soleil ! Les architectes s’intéressent à d’autres domaines de connaissance depuis les années 1960. Mais petit à petit, on atteint les limites… On peut même se retrouver un peu perdu dans la biennale « Arte », section art documentaire et activiste, qui donne elle aussi un peu l’impression de jouer aux apprentis sorciers.