Dans un monde dominé par l’image, les projets belges à Venise (2018) sont précisément parvenus à saper cette hégémonie. Même si des images sont proposées au regard du public, il est surtout invité à partir lui-même en exploration, en toute quiétude, et à se former sa propre image.

L’architecture flamande a la cote. On le sait déjà depuis un certain temps, surtout grâce à la presse internationale (en l’occurrence, allemande). Déjà en 2014, Bauwelt avait montré son intérêt pour l’urbanisme anversois, « bottom-up » et évoquant l’acupuncture. Un an plus tard, Archplus publiait le numéro thématique « Normcore », braquant les projecteurs sur les subtiles distorsions du quotidien dans une série de bureaux flamands. Prochainement, L’Architecture d’Aujourd’hui sortira également un numéro consacré à l’architecture belge, illustrant la délicatesse de l’équilibre entre audace et maîtrise, en prenant pour exemples des bureaux tels que V+ et Baukunst. Entre-temps, les architectes belges sont acclamés dans le reste de l’Europe, le vai est fermement ancré dans le cadre culturel, et plusieurs étoiles du firmament flamand ont filé vers des postes de professeurs en Europe, avec principalement un important contingent flamand dans les écoles suisses.