À Charleroi, le nouveau bâtiment de la société wallone du Crédit Social, imaginé par RGPA (Reservoir A + Goffart Polomé) et META, s’insère à l’angle de la rue de l’Écluse et du boulevard Tirou en refermant l’ilot sur lequel il s’implante. Au premier plan de la façade, une colonnade revendique la flexibilité du bâtiment en imposant une distinction nette entre structure porteuse et volume capable.

Dans ce quartier à proximité de la Sambre, le bâtiment actuel de la société wallone ne répondait plus aux normes de confort actuel et le nombres d’employés avait considérablement augmenté. Le terrain voisin est donc investi pour construire un second bâtiment, voué à accueillir bureaux et logements. Cependant dès les premières phases du projet, l’idée d’investir le bâtiment existant en le dotant également de logements émerge. La réflexion sur une flexibilité maximale est donc poussée pour que chacun des deux édifices puisse répondre à ces variations de programme.

La galerie commerciale au rez-de-chaussée du bâtiment existant se poursuit sur la façade de l’extension avec un jeu de double hauteur. Elle prolonge ainsi le tissu urbain et la promenade des passants. Ce retrait de la façade au niveau du sol, pour s’aligner avec la galerie existante avec des colonnes en béton au premier plan est le point départ du projet puisque les colonnes se prolongent ensuite sur toute la hauteur du bâtiment et lui donne une expression structurelle forte. En écho à ses voisins, le bâtiment arbore une composition tripartite avec une façade en brique héritée du contexte post-moderniste.

Cette colonnade en béton aux sections rondes se déploie à la manière d’un péristyle antique. Elle marque un seuil uniforme et continu sur l’ensemble des façades en ne dévoilant pas directement ce que le bâtiment recèle. Ainsi, différents programmes qui font la ville, commerces, bureaux et logements peuvent s’insérer délicatement en second plan derrière de longues parois vitrées. Ce retrait dans l’épaisseur de la façade, accorde une certaine intimité aux logements dans ce quartier majoritairement composé de bureaux. Tandis que les plateaux saillants en béton servent à la fois de balcons filants et de protection solaire.

La distinction nette entre gros œuvre et second œuvre donne au bâtiment une flexibilité qui induit la durabilité du bâtiment. Grâce à son plan libre, il est capable de s’adapter aux différentes mutations programmatiques avec une structure détachée et ponctuelle qui laisse libre cours au changement.