Il est clair que nous aurons moins besoin de bureaux à l’avenir, et le phénomène frappera durement Bruxelles où le secteur tertiaire pèse très lourd. Un acteur de taille comme la Commission européenne souhaite réduire de 25 % la superficie de bureaux qu’elle occupe : c’est un bon baromètre de ce qui attend Bruxelles après la crise de la Covid-19.1 1 En 2021, le Maître-Architecte bruxellois a émis un contrat de consultance pour
le développement de typologies résidentielles innovantes dans le projet de conversion de la tour Proximus du quartier Nord de la ville de Bruxelles. L’équipe de Liste – Piovenefabi a proposé cinq stratégies de recherche parallèles.
Depuis quelques années, le taux d’occupation des espaces de bureaux à Bruxelles est particulièrement bas, même si le secteur immobilier note qu’un pourcentage de vacance allant jusqu’à 7 % est normal dans un marché qui était surtout assimilé à une sorte de jeu de chaises musicales local. Si Bruxelles ne voit pas arriver beaucoup de nouveaux clients sur le marché de l’immobilier de bureaux, il y a toutefois une circulation continue d’utilisateurs finaux qui quittent un bâtiment obsolète pour emménager dans un nouveau lieu, après quoi le bâtiment abandonné est à son tour rénové pour attirer un autre utilisateur. Ce mouvement perpétuel de construction-démolition-remplacement a longtemps fait tourner l’immobilier bruxellois. Dans le quartier Nord par exemple, Möbius et Quatuor viennent à peine d’être achevés – des opérations immobilières banales consistant à démolir un ancien colosse pour en construire un nouveau, sous couvert de certification BREEAM, et avec un paquet de mètres carrés supplémentaires. C’était avant la crise sanitaire. Pour la première fois, il semble aujourd’hui que la boucle ne pourra plus être bouclée. On aura donc davantage de bureaux inoccupés, ou on supprimera des immeubles de bureaux pour leur donner une autre destination.