Le Théâtre Le Vilar se situe en bordure de la dalle à Louvain-la-Neuve. C’est en la perçant que les architectes gagnent en volume et fluidité. La grande hauteur modifie radicalement la salle de spectacle qui devient (enfin) un outil performant. Celle du foyer lui donne la possibilité de devenir un espace scénique et change la manière de regarder la ville. Ouest prend part avec audace au processus de vie de cet étonnant édifice.
Dans tout projet sans exception, Ouest développe un intérêt particulier pour les éléments construits préexistants et se démène pour simplifier des situations complexes, ce qui revient davantage à déconstruire, présupposé inverse à celui du métier de l’architecte. Se défaire d’un rôle, c’est oser désobéir au cahier des charges, mais rassurer par l’expertise des programmes rencontrés : Le Rideau, Zinneke, les Ateliers Claus pour les infrastructures culturelles récentes ; et en cours, Chassart, Variétés. Tout élément structurel, fonctionnel, sensible, voire anecdotique, peut devenir un appui de l’histoire qui se fabrique à partir de la matière et Ouest a pour méthodologie d’observer l’existant avec bienveillance, s’accordant sur le fait que l’on ne part jamais de rien. Or, contre-exemple par l’absurde, la ville universitaire dans laquelle s’inscrit Le Vilar fut créée au milieu des champs. Utopie soixante-huitarde, Louvain-la-Neuve se veut piétonne, ce qui a pour conséquence qu’elle est fondée sur une énorme métastructure de piliers massifs en béton suivant une trame de huit mètres qui soutiennent deux niveaux souterrains de parking, des passages, des lieux de stockage et techniques. L’histoire du théâtre est entremêlée à celle de la ville.