Publié le 23.01.2024 | Texte: Amélie Poirel | Photos: © Bauclub

Dans le quartier des Marolles, à la rue Terre-Neuve, le centre d’hébergement d’urgence pour personnes sans-abris de l’ASBL Pierre d’Angle lance un appel à projets soutenu par la Commission Communautaire Commune (CoCoM). Le centre souhaite s’étendre avec un deuxième bâtiment au sein du même îlot. Il s’agit alors de rénover les deux volumes et de les connecter par un travail d’articulation, pour que les activités du centre fonctionnent selon une continuité spatiale.

Le projet lauréat est celui de Bauclub, grâce à une recherche poussée sur la signification de l’espace de connexion. Le vide qui surgit au milieu de l’imbrication dense du bâti est perçu comme un espace à valoriser. Bauclub se focalise sur l’articulation de ce vide, une zone de respiration dans la continuité des constructions environnantes. En effet, la ruelle en intérieur d’ilot aboutit sur une cour qui devient l’élément central du projet. En choisissant de se concentrer sur l’amélioration des flux de circulation, il se dessine, selon Bauclub, une suture à la fois spatiale et sociale. Une suture spatiale, en occupant l’impasse de la Bouquetière jusqu’alors inactivée, et sociale, en connectant de nouveaux espaces communs appropriables par les usagers du centre.

L’ascenseur extérieur est décisif, il agit comme un point de repère en se démarquant visuellement et il est la liaison physique qui connecte les différents niveaux. Conscient des contraintes spatiales et budgétaires, le projet est axé sur l’économie de moyens. L’intervention se veut économe par la réutilisation du déjà-là. Le mur existant est en partie démoli pour libérer l’espace de la cour. Il est réinterprété pour faire la transition entre l’espace de l’impasse menant à la cour intérieure et celui de la coursive. Cette légère différence de niveaux adoucit la transition et lui donne la possibilité de devenir un lieu où l’on prend place, tel un gradin, favorisant ainsi la rencontre entre les deux pôles. L’ancien mur devient un élément propice à la rencontre plutôt qu’à la séparation. Des fonctions stratégiques prennent place au niveau du rez-de-chaussée et favorise ainsi un contrôle visuel. La cour n’est donc pas seulement un espace de respiration mais devient également un espace de vie pour les activités à proximité.

Les autres candidats sont les architectes de Karbon’ et Nele Stragier + Melanie Tamm. Le projet de Karbon se positionne également dans une démarche d’articulation du vide avec la volonté de connecter les deux bâtiments. On retrouve un ascenseur dont l’architecture métallique teintée de bleu revendique son statut d’élément ajouté. Plus distinct, le projet de Nele Stragier + Melanie Tamm, est une passerelle combinée à un monte-charge qui s’inspire du langage d’un élément architectural défini : l’arc-boutant. A la fois élément structurant et connecteur en brique apparente, il vise à créer une atmosphère chaleureuse de cour collective.

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