« Vous ne me ferez pas plaisir avec un musée dans les montagnes suisses », déclare Kelly Hendriks, du cabinet d’architecture B-ILD. « Les missions les plus passionnantes sont celles qui, à première vue, ressemblent à des cauchemars. » Aux côtés d’un groupe très hétérogène de ses contemporains, Kelly Hendriks incarne une nouvelle génération qui allie audace et sens des réalités, ainsi que responsabilité sociale et esprit d’entreprise. Leurs premières réalisations ont déjà fait forte impression. D’où viennent ces jeunes architectes ? Et surtout, quelle est leur contribution à l’architecture belge contemporaine ?
11 septembre 2001. Deux avions s’écrasent contre les tours jumelles de New York, mettant fin à la décontraction des années 1990. Cette décennie qui avait débuté avec la chute du mur de Berlin en 1989 et qui semblait démontrer que le capitalisme était la solution ultime. La décennie où le néolibéralisme a pris de l’ampleur, où Internet est devenu accessible à tous et où la mondialisation ne s’est arrêtée devant aucune frontière. Les années dorées du « Superdutch », des « Grands projets » de François Mitterrand, des « starchitectes » et du marketing urbain. C’est à cette époque qu’a grandi cette nouvelle génération d’architectes, une génération pour laquelle le 11 septembre allait être le premier événement politique d’importance internationale à s’imprimer dans leur mémoire.