Le climat brésilien permet d’implanter très directement la structure d’un bâtiment dans le tableau final. Pas besoin ici d’enveloppe isolante recouvrant le bâtiment et requérant une seconde construction : le parachèvement de sa façade. Cette situation aide Mendes da Rocha à donner au béton un certain caractère naturel et primaire, sans ajouts ni couches de sens supplémentaires. Comme si le béton avait toujours fait partie de la nature, comme s’il en provenait. Cette idée est encore renforcée par la relation créée entre la végétation et le bâtiment. Pour Trans, accepter le vieillissement du béton est la confirmation que le bâtiment veut s’inscrire dans les changements qui se produisent dans la nature.
Dans plusieurs projets de Trans, tels que la Ryhove Urban Factory et le bâtiment logistique pour le Jardin botanique de Meise, les architectes ont amené la structure à l’extérieur. Dans la nouvelle salle du site De Felix à Gentbrugge, l’influence de Mendes da Rocha est incontestable. L’ancien centre de service que Paul Felix a conçu dans les années 1970 pour Gentbrugge (voir A+295), n’est rien que du béton, du béton, du béton… Le projet d’en faire un nouveau centre communautaire avec bibliothèque, théâtre, commissariat de police et guichet administratif semblait perdu d’avance. Mais Trans a démontré que le maintien du bâtiment et même la construction d’une extension en béton avec exosquelette étaient réalisables et plus durables qu’une démolition et reconstruction.