À la demande de la province d’Anvers et en collaboration avec Tom Thys architecten, Studio Jan Vermeulen a créé un master plan pour le Prinsenpark à Retie. Ancien domaine royal situé en Campine anversoise, cette zone naturelle a été dotée d’un nouveau bâtiment durable abritant un centre d’accueil et de services ainsi qu’un atelier pour les services de gestion des forêts. Les architectes ont articulé deux volumes allongés autour d’une parcelle, et renforcé le lien avec la riche histoire des environs par l’aménagement du paysage, des plantations et des détails raffinés.
Le bâtiment abritant l’accueil du Prinsenpark est baigné de lumière naturelle. Le bleu limpide du ciel, le vert tendre de la végétation et les senteurs suaves des aubépines et des rhododendrons viennent mettre la touche finale à ce tableau bucolique. L’histoire de ces lieux est toutefois un peu moins rose. En 1853, dans son Essai sur la Campine anversoise, George Podesta écrivait que la région n’avait pas grand-chose d’autre à offrir que « des maigres et rachitiques bruyères […] ressemblant à ces espaces incommensurables qui sous un ciel d’airain forment les affreux déserts du Sahara ».1 Après la loi de 1847 sur le défrichement des terrains incultes, les grandes étendues de bruyères étaient appelées à être transformées en terrains agricoles avec des fermes modèles. Podesta avait exprimé le souhait qu’« une main auguste […] imprime une impulsion énergique et durable […] au défrichement des bruyères ».2 1 George Podesta, Essai sur la Campine anversoise, Anvers: L.J. De Cort, 1853, 101. 2 Ibidem, 103.