Ce numéro d’A+ présente une série intrigante de constructions circulaires imaginées et réalisées. Constituer ce genre de collection nous permet de mieux comprendre l’architecture des bâtiments ronds. C’est ainsi qu’on voit des bibliothèques, des écoles, des établissements de soins et de bien-être revenir au cercle parce qu’il offre une bonne vue d’ensemble, mais aussi parce qu’il crée du lien et de la cohésion. Dans ce sens, leur plan d’implantation fait clairement référence à la symbolique du cercle. Voici ce qu’en dit Pieter T’Jonck (p. 32) : « Les cercles sont des formes purement géométriques qui se prêtent à de nombreuses finalités et interprétations. Ils installent de la cohérence là où le chaos aurait pu sévir. »
Lorsqu’aucun contexte culturel ou programme d’aménagement de l’espace ne mène d’emblée à la forme circulaire, ce type de plan pourrait bien être perçu comme un geste inconsidéré, extrême, presque absurde de la part de son auteur. En effet, pourquoi choisir une forme circulaire pour une habitation ou un bureau ? Christophe Van Gerrewey (p. 2) étudie cette question ainsi que la prétendue absence de fonctionnalité du cercle en tant que plan improbable. Il aborde une série de questions d’ordre architectural soulevées par le cercle. Léone Drapeaud (p. 10), elle aussi, s’interroge sur la dimension monumentale et absolue du cercle, et impose le respect pour l’exercice structurel cohérent de l’architecte visant à apporter une logique concluante à une figure qui – à première vue – ne s’y prête pas. Gideon Boie (p. 48), quant à lui, critique le rejet de l’environnement inhérent à la logique du cercle. « La beauté des formes peut avoir une utilité particulière, écrit-il, mais lorsque ce formalisme devient radical par l’utilisation d’une forme géométrique, il n’y a plus aucun lien avec le contexte. »